L’IA va supprimer des coachs et des formateurs.

Pas tous bien sûr. Les bons seront là s’ils savent s’adapter. Par contre, ceux qui font du remplissage, du descendant, du générique, eux vont probablement disparaître.

Et franchement ? Ce n’est pas une mauvaise nouvelle.

Je vais vous dire quelque chose qui surprend parfois, venant d’une coach et formatrice depuis plus de 15 ans : ce débat sur l’IA et le coaching ne me fait pas peur. Il m’intéresse. Parce qu’il nous oblige à une question essentielle:

Qu’est-ce qu’on apporte, nous, que la machine ne peut pas faire ?

L’autre soir, tard, je me retrouve à échanger avec une IA pour structurer une idée qui me trottait dans la tête. C’était utile, rapide et disponible. Aucun jugement, aucune attente.

Et puis à un moment, je me suis arrêtée. Parce que ce dont j’avais besoin, ce n’était plus d’une réponse. C’était d’une présence. De quelqu’un qui aurait perçu ce que je ne disais pas. Qui aurait posé la question de trop, celle qui dérange, celle qui fait avancer.

Aucune IA ne fait ça. Et c’est précisément là que commence le vrai travail.

 

Ce que l’IA fait mieux que nous, et ce qu’elle ne fera jamais 

Soyons francs : l’IA va éliminer les pratiques médiocres. Les formations descendantes où un formateur lit ses slides. Les accompagnements sans profondeur. Les réponses génériques à des questions complexes. Tout ce qui peut être automatisé… le sera.

Et c’est tant mieux.

Parce que ça va obliger notre profession à revenir à l’essentiel : ce que seul l’humain peut apporter.

Je me sers de l’IA moi-même. Pour trouver un outil, structurer une approche, challenger une idée. Quand je me pose une question en cours de route, elle me donne matière à réfléchir.

Mais il y a une limite que j’observe très vite.

En effet, l’IA va dans le sens de celui qui parle. Elle valide, elle complète, elle approuve. Elle ne prend pas de recul. Elle ne dit pas « attendez, et si vous faisiez fausse route ? » Elle ne perçoit pas ce qui n’est pas dit. Elle ne sent pas la fatigue dans une voix, l’hésitation derrière une formulation trop lisse, la résistance qui se cache sous une question anodine.

Or c’est précisément là que le coaching commence.

Quand je suis dans une impasse, ce dont j’ai besoin, ce n’est pas d’une réponse. C’est d’une présence. D’un regard extérieur qui ne cherche pas à me rassurer, mais à m’aider à voir ce que je ne vois pas seule.

Aucune IA ne remplacera ça. Ni le réconfort d’un café partagé avec quelqu’un qui vous connaît vraiment.

IA et coaching : une démocratisation réelle avec ses limites

Il y a pourtant quelque chose d’important à reconnaître : l’IA peut ouvrir des portes.

Le coaching a un coût. Tout le monde ne peut pas y accéder. Et pour un entrepreneur isolé, un dirigeant qui tourne en rond à 23h, quelqu’un qui n’a ni le budget ni la géographie pour un accompagnement en présentiel, avoir accès à un outil qui répond, qui questionne, qui structure une réflexion… c’est déjà quelque chose.

C’est ce que les plateformes de coaching ont tenté de faire ces dernières années. Et d’ailleurs, ce sont elles que l’IA va rendre obsolètes bien avant les coachs professionnels. Parce qu’elles proposaient une version appauvrie de la relation humaine. L’IA fait ça mieux et moins cher.

Le coach professionnel, lui, propose autre chose. Une relation, une profondeur et un espace où quelque chose peut vraiment se déplacer.

IMG 20260410 WA0001 - IA et coaching : faut-il vraiment choisir ?

En formation, c’est le présentiel qui gagne

Du côté de la formation, le raisonnement est similaire même s’il mérite qu’on le nuance.

Pour transmettre de l’information, structurer des contenus, harmoniser des supports, personnaliser des parcours à grande échelle : l’IA est plus performante que n’importe quel formateur. Ne nous voilons pas la face. Ce qui va en souffrir en premier, c’est la formation à distance telle qu’on la connaît. Les modules e-learning linéaires, les classes virtuelles sans interaction réelle, les contenus figés. L’IA fait ça mieux, plus vite, de façon plus adaptive.

Le présentiel, lui, a un avantage que l’IA ne peut pas reproduire : l’effet groupe. Ce moment où quelqu’un partage un cas concret et où trois autres personnes dans la salle se reconnaissent dedans. L’échange qui dévie du programme prévu et qui devient la partie la plus riche de la journée. La dynamique collective qui fait émerger quelque chose qu’aucun contenu pré-conçu n’aurait pu anticiper.

C’est ça, la valeur du formateur de demain : créer les conditions de ces moments-là. Être dans l’interactif, l’expérientiel, l’adaptatif. Pas dans le descendant.

IA et coaching : ce que ça demande à notre profession

L’IA va exiger de nous quelque chose de précieux : davantage d’esprit critique. Des coachs et des formateurs plus solides sur le fond, plus agiles sur la forme, plus clairs sur ce qu’ils apportent vraiment. Elle va nous obliger à sortir du confort des outils et des méthodes pour revenir à ce qui fait la différence : la qualité de présence, la finesse d’écoute, la capacité à tenir un espace où quelqu’un peut vraiment se poser.

Ce n’est pas une menace. C’est une invitation à être meilleurs.

Chez Agora, nous formons des coachs professionnels qui savent exactement ce que l’IA ne peut pas faire à leur place et comment s’en servir intelligemment.

Si vous vous posez des questions sur le métier de coach aujourd’hui, ou sur la place de l’accompagnement humain dans votre organisation, c’est précisément ce dont on parle dans nos formations.

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Les accompagnements Agora Coaching

Odile Dufour, fondatrice d’Agora Coaching, est coach professionnelle depuis près de vingt ans. Passionnée par son métier et la pratique, elle a décidé de transmettre ses savoirs au travers d’une formation complète, certifiante et inclusive.

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Photos de Nick Morrison