Dans l’imaginaire collectif, un bon coach est celui qui peut tout accompagner. Toujours disponible, toujours adapté, jamais à court de ressources. Cette image, aussi flatteuse soit-elle, est dangereuse.

Parce que la vraie marque d’un coach professionnel, ce n’est pas de ne jamais renoncer. C’est de connaître les limites du coaching, et d’avoir le courage de les respecter. Ça s’appelle la déontologie du coaching. Et c’est précisément ce que tout bon coach doit aborder avant même le démarrage d’un accompagnement. 

Déontologie du coaching : tout commence avant même la première séance

La question des limites du coaching ne se pose pas uniquement en cours de parcours. Elle commence dès l’entretien préalable. Avant d’accepter un accompagnement, un coach sérieux vérifie que la demande relève bien du coaching : une volonté réelle d’aller vers quelque chose de nouveau, une capacité à se mettre en action, un désir d’autonomie sur ses sujets. Ce n’est pas un interrogatoire mais une vraie responsabilité.

Car le coaching ce n’est pas de la thérapie, malgré ce que beaucoup croient encore. Le coach ne traite pas le passé, il travaille vers l’avenir. Il ne soigne pas mais il accompagne. Confondre les deux, c’est rendre un mauvais service au coaché. C’est aussi l’un des premiers principes de la déontologie du coaching.

Et ce filtre initial joue dans les deux sens : le coaché choisit son coach, certes. Mais le coach doit aussi se sentir en capacité d’accompagner cette personne sur tout ce qu’elle représente: sur ses valeurs, sur le relationnel, sur le secteur dans lequel elle évolue. On n’est pas là pour juger le milieu professionnel d’un coaché. Mais si on ne peut pas travailler dedans avec neutralité, mieux vaut passer la main dès le départ.

En cours de parcours : rester vigilant, sans toute-puissance

Même quand un coaching démarre bien, des signaux peuvent apparaître en chemin.

Il peut par exemple s’agit d’un sujet qui revient systématiquement et bloque toute progression. Cela peut également être une souffrance qui dépasse le cadre professionnel. Ou encore des éléments qui relèvent clairement du travail thérapeutique plutôt que de l’accompagnement vers l’action.

Dans ces moments-là, la responsabilité du coach est claire : nommer ce qu’il observe, et orienter vers un professionnel adapté que ce soit un thérapeute, un psychologue ou un psychiatre selon les situations.

Ce n’est pas un aveu d’échec. C’est exactement l’inverse. Connaître les limites du coaching et savoir passer la main, c’est la preuve qu’on maîtrise les contours de son métier et qu’on les respecte. Bref, c’est une preuve d’intelligence.

Cela demande une qualité rare : éviter la toute-puissance. Ou l’effet “gourou” comme je l’appelle aussi. Ce sentiment, parfois inconscient, qu’on peut tout accompagner, qu’on trouvera toujours un chemin. C’est précisément là que la supervision prend tout son sens. Travailler ses coachings difficiles avec un superviseur, c’est ce qui permet de repérer les effets miroir, les processus parallèles, les zones où notre propre histoire interfère avec celle du coaché. Ce n’est pas un luxe réservé aux débutants. C’est une pratique d’hygiène professionnelle et un pilier de la déontologie du coaching.

Groupe 2 4 odile - Déontologie du coaching : savoir dire stop est un gage de qualité

Les situations qui exigent des limites claires

Les limites sont parfois floues et certaines configurations méritent une attention particulière.

La collusion coaching individuel / coaching d’équipe

Quand on accompagne une équipe, il n’est pas déontologiquement sain de coacher en parallèle un membre de cette même équipe sur des sujets personnels sans lien avec le collectif. Les frontières se brouillent et la neutralité devient impossible.

Les doubles niveaux hiérarchiques

Coacher simultanément un manager et son N+1, c’est s’exposer à des conflits de loyauté qui fragilisent les deux accompagnements. La confidentialité, l’un des piliers de la déontologie du coaching, ne peut plus être garantie pleinement.

Le coaching interne

Le coach salarié se retrouve parfois dans des situations délicates : coacher un membre de la direction plus haut placé que lui, naviguer entre confidentialité et appartenance à l’organisation. Ces limites du coaching interne doivent être posées clairement, dès le départ, avec tous les acteurs concernés.

Le cercle proche

Coacher un ami, un membre de sa famille, quelqu’un avec qui on a des enjeux économiques ou affectifs, c’est s’exposer à une neutralité impossible. Selon le sujet, cela peut fonctionner à la marge. Cela m’arrive parfois de coacher des amis sur des sujets professionnels. Mais dans la plupart des cas, la sagesse professionnelle consiste à orienter vers un collègue.

La question des doubles casquettes

Certains professionnels exercent à la fois comme coach et comme formateur, ou comme coach et comme thérapeute. Ce n’est pas problématique en soi, à une condition absolue : signaler explicitement le changement de posture.

Passer de coach à formateur sans le dire, c’est prendre le coaché en traître. Le cadre change, le contrat implicite change, la relation change. En matière de déontologie du coaching, la transparence n’est pas une option: c’est le fondement de la confiance.

Déontologie du coaching : ce que tout cela dit du métier

Les limites du coaching ne sont pas des faiblesses à dissimuler. Elles sont la colonne vertébrale d’une pratique sérieuse.

Un coach qui sait dire stop, réorienter, passer la main ou nommer un changement de posture, c’est un coach qui respecte son coaché. Et c’est un coach en qui on peut avoir confiance.

Parce qu’au fond, la déontologie du coaching n’est pas une contrainte. C’est ce qui donne à notre métier toute sa valeur.

Vous vous posez des questions sur les limites du coaching ou sur ce que recouvre concrètement la déontologie dans la pratique ?

C’est un sujet que j’aborde en profondeur dans la formation de coach professionnel Agora et ce, dès le premier module. Parce que former au coaching, c’est aussi former à l’éthique.

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Les accompagnements Agora Coaching

Odile Dufour, fondatrice d’Agora Coaching, est coach professionnelle depuis près de vingt ans. Passionnée par son métier et la pratique, elle a décidé de transmettre ses savoirs au travers d’une formation complète, certifiante et inclusive.

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Photos de Philippe Oursel